Un tir puissant expédie le cochonnet hors du terrain. L’équipe adverse jubile, la vôtre proteste. Et personne autour du terrain n’est d’accord sur ce qui doit se passer ensuite.
Ce scénario se répète chaque week-end sur des milliers de boulodromos – pourtant, le règlement est parfaitement clair sur ce point.
Voici ce que dit réellement le texte officiel, sans interprétation douteuse ni tradition locale inventée.
Qu’est-ce qu’un cochonnet mort à la pétanque?
Dans le jargon réglementaire, le cochonnet qui sort du terrain porte trois noms : mort, noyé ou nul.
Ces trois termes désignent la même réalité – une mène qui ne peut plus être attribuée normalement parce que le but a quitté la zone de jeu valide. Le terme varie selon les régions et les clubs, mais la conséquence juridique est identique.
Cette qualification s’applique aussi bien lorsque le cochonnet sort accidentellement – dévié par une boule mal maîtrisée – que volontairement, quand un joueur joue délibérément sur le bouchon pour le chasser. La pétanque ne distingue pas l’intention. Seul le résultat compte.
Que se passe-t-il quand le cochonnet sort du terrain?

L’article 14 du règlement prévoit exactement trois cas de figure selon les boules restantes de chaque équipe au moment où le cochonnet sort. Voici ces trois cas :
- Les deux équipes ont encore au moins une boule à jouer : la mène est nulle, aucun point n’est attribué, et on rejoue.
- Aucune équipe n’a plus de boule : même résultat, la mène est nulle.
- Une seule équipe possède encore une ou plusieurs boules : elle marque autant de points qu’elle a de boules restantes en main.
Ce troisième cas est celui qui provoque le plus de litiges. Si votre adversaire tire le cochonnet dehors alors que vous avez encore deux boules et lui aucune, vous marquez deux points – pas zéro, pas un, deux. Cette règle récompense l’équipe qui a su économiser ses boules.
Concrètement, envoyer le cochonnet dehors n’est pas toujours une bonne idée tactique. Si l’adversaire a des boules en réserve et pas vous, vous lui offrez des points.
À partir de quand le cochonnet est-il considéré comme dehors en terrain libre?
En terrain libre – comprendre : sans délimitation physique tracée au sol – la limite dépend de la catégorie des joueurs. 20 mètres depuis le cercle de lancer s’applique pour les juniors et les seniors.
Pour les compétitions jeunes, ce plafond descend à 15 mètres. Un cochonnet déplacé au-delà de ces distances est mort, quelle que soit la configuration du terrain.
Mais la limite haute n’est pas la seule. L’article 9 du règlement prévoit également une limite basse : si le cochonnet est déplacé à moins de 3 mètres du cercle, la mène est également annulée. Un cochonnet renvoyé trop près du lanceur, ça arrive – et le règlement l’a prévu.
Ces deux bornes – 3 mètres minimum, 20 mètres maximum – définissent le couloir de validité du bouchon en terrain libre.
Comment savoir si le cochonnet est sorti en terrain tracé?

Sur un boulodrome avec des lignes tracées, la règle est précise et souvent mal appliquée : le cochonnet n’est mort que lorsqu’il a entièrement franchi la ligne. Un bouchon qui chevauche la ligne de délimitation, même de quelques millimètres, est encore en jeu. Il est bon.
Cette précision change tout dans les situations tendues. Avant de proclamer la mène nulle, vérifiez physiquement si le cochonnet touche encore la ligne. Un regard de loin ne suffit pas – rapprochez-vous.
Ce principe du franchissement total s’applique uniquement aux terrains tracés. En terrain libre, il n’y a pas de ligne à chevaucher : la distance est la seule référence.
Pourquoi les joueurs marquent-ils le cochonnet à la pétanque?
Le règlement officiel est explicite : les joueurs doivent marquer la position du but, initialement et après chacun de ses déplacements.
Ce n’est pas une tradition ou une courtoisie – c’est une obligation réglementaire. Ce trait au sol, souvent tracé avec le talon ou une baguette, a une valeur juridique directe.
La règle FFPJP est sans ambiguïté : si le bouchon n’a pas été marqué, il ne peut pas être replacé en cas de litige. Autrement dit, si le cochonnet est déplacé par une boule et que personne n’a tracé son emplacement initial, sa position reste celle où il se trouve – qu’elle vous avantage ou non.
Cela dit, une mise à jour du règlement en janvier 2024 par la FIPJP a introduit une nuance : l’absence de marquage n’entraîne pas automatiquement une sanction disciplinaire. Mais elle vous prive de tout recours en cas de litige. Ne pas marquer, c’est jouer sans filet.
Que dit le règlement sur le cochonnet déplacé par le vent ou un animal?

Deux situations précises méritent d’être distinguées. Si le cochonnet est déplacé par le vent ou par un animal – un chien qui traverse le terrain, une rafale imprévue – et qu’il n’a pas été marqué, il est impossible de le remettre en place.
La mène continue depuis la position accidentelle du bouchon, ou est annulée si cette position sort des limites.
Le deuxième cas est différent : si un joueur arrête physiquement le cochonnet en mouvement, l’adversaire ne peut rien décider unilatéralement. Le bouchon reste là où le joueur l’a stoppé. Pas de replacement, pas de concertation – la position est figée.
Ces deux règles illustrent un principe plus large du règlement : le marquage n’est pas une formalité. C’est votre seule protection contre l’imprévu.
Le règlement de la pétanque change-t-il vraiment en 2026?
Des rumeurs circulent régulièrement sur les réseaux sociaux annonçant des modifications importantes du règlement FIPJP pour 2026.
Aucune modification officielle du règlement de jeu n’a été décidée pour 2026. Ces informations sont fausses, et les relayer sans vérification crée une confusion réelle sur les terrains.
Si une modification du règlement devait intervenir, elle serait annoncée officiellement par la FIPJP et répercutée par les fédérations nationales comme la FFPJP. Toute annonce circulant uniquement sur les réseaux sociaux, sans source fédérale identifiable, doit être considérée comme non vérifiée.
Le règlement applicable aujourd’hui reste celui issu des dernières mises à jour officielles, dont la clarification de janvier 2024 sur le marquage du cochonnet.
Quelles sont les caractéristiques réglementaires du cochonnet?

Le cochonnet n’est pas un simple morceau de bois ramassé au jardin. Le règlement FIPJP fixe des spécifications précises auxquelles tout cochonnet utilisé en compétition doit répondre :
- Diamètre : 30 millimètres, avec une tolérance de plus ou moins 1 millimètre
- Poids : entre 10 et 18 grammes
- Matériaux autorisés : bois ou matière synthétique
- Homologation : les cochonnets en matière synthétique doivent porter la marque du fabricant et être homologués par la FIPJP
La fourchette de poids – 10 à 18 grammes – est large, mais elle correspond à la variabilité naturelle du bois selon les essences et le taux d’humidité. Un cochonnet en bois mouillé peut peser sensiblement plus qu’à sec.
En compétition officielle, un cochonnet non homologué peut entraîner le rejet de la mène – vérifiez toujours votre matériel avant de pointer.
Sur un terrain de pétanque, le cochonnet est souvent le détail auquel on prête le moins attention. Pourtant, c’est lui qui détermine si la mène existe, combien de points elle vaut, et parfois si votre équipe rentre avec la coupe ou les mains vides.