Gagner 2 km/h de VMA, ça paraît peu sur le papier. Dans les jambes, c’est une autre histoire – c’est souvent la différence entre finir un 10 km en souffrant et le boucler avec une vraie marge.
Le problème, c’est que la plupart des coureurs s’y prennent mal, soit trop vite, soit sans méthode. Ce guide ne va pas vous promettre des miracles en trois semaines. Il va vous donner les chiffres réels, les délais honnêtes, et les séances qui fonctionnent.
De combien peut-on réellement augmenter sa VMA?
La réponse dépend de votre niveau de départ – et c’est là que beaucoup de coureurs se font des illusions. Plus vous êtes débutant, plus votre marge de progression est grande. C’est brutal, mais c’est la réalité physiologique.
Les chiffres les plus souvent cités dans le milieu du running situent une progression de 0,2 km/h par mois comme un résultat excellent sur le long terme. Pas exceptionnel – excellent. Sur un an, ça fait 2,4 km/h si vous êtes régulier, ce qui correspond exactement à l’objectif que vous visez.
Un témoignage documenté sur la communauté Kikourou illustre bien ce que donne une année sérieuse : une VMA à 15 km/h en septembre, montée à 17,5 km/h en juin suivant, soit +2,5 km/h avec trois entraînements par semaine incluant du fractionné. Pas de magie – de la constance.
Pour les coureurs peu ou modérément entraînés, les gains peuvent être plus rapides. Dans une étude de Véronique Billat, des coureurs ont amélioré leur VO2max de près de 10 % en faisant uniquement des séances de 30/30, deux fois par semaine pendant dix semaines.
Ce chiffre est réel, mais il concerne des profils peu entraînés – ne l’attendez pas si vous courez déjà régulièrement depuis deux ans.
Combien de temps faut-il pour augmenter sa VMA?

La VMA ne se construit pas en quelques sorties. Il faut compter environ 8 semaines de travail spécifique pour que l’organisme commence à adapter réellement son plafond aérobie.
C’est le minimum physiologique – en dessous, vous faites du conditionnement, pas de la progression durable.
Un cycle de deux mois minimum apporte un bénéfice nettement supérieur à un mois seul. La raison est simple : les premières semaines, le corps apprend les contraintes. Les suivantes, il s’adapte vraiment.
L’autre face du problème, c’est la régression. Sans stimulus d’entretien, les gains commencent à s’éroder après seulement 3 à 4 semaines d’arrêt. Une blessure, des vacances mal gérées, un mois de relâche – et vous revenez en arrière plus vite que vous ne le pensez.
La bonne nouvelle : une fois le niveau atteint, il suffit d’une séance de fractionné par semaine pour maintenir l’acquis. Le gain est long à construire, mais moins coûteux à conserver.
Peut-on augmenter sa VMA en 1 mois?
Oui – mais avec des attentes calibrées. En quatre semaines de travail bien structuré, vous pouvez ressentir une progression réelle, notamment si vous partez d’un niveau intermédiaire et que vous introduisez du fractionné pour la première fois de façon sérieuse.
Ce que vous pouvez raisonnablement viser en un mois, c’est un gain de 0,2 à 0,4 km/h, une meilleure tolérance à l’effort intense, et une capacité à tenir l’allure VMA un peu plus longtemps. C’est concret. Ce n’est pas les 2 km/h de l’objectif final.
Decathlon Coach propose un plan progressif sur 6 semaines à raison de deux séances par semaine – c’est un bon format pour débuter : suffisamment court pour rester motivant, suffisamment long pour déclencher de vraies adaptations.
Un mois suffit pour lancer la machine. Il ne suffit pas pour la faire tourner à plein régime.
Quel entraînement faire pour augmenter sa VMA?

Le principe est simple : pour améliorer votre VMA, vous devez travailler à votre VMA – ou juste en dessous, juste au-dessus. Les séances de fractionné ciblent des intervalles compris entre 30 secondes et 4 minutes, à des intensités entre 90 % et 105 % de votre VMA.
Les 30/30 – 30 secondes à VMA, 30 secondes de récupération active – sont probablement la séance la plus efficace pour les coureurs non élites. Elles accumulent un volume important de temps à haute intensité sans épuiser le système nerveux. C’est le format qu’utilisait Billat dans ses protocoles.
Voici comment structurer un cycle type sur 8 semaines :
| Semaine | Séance fractionné 1 | Séance fractionné 2 |
|---|---|---|
| S1-S2 | 8 x 30/30 à 100% VMA | 6 x 1 min à 90% VMA |
| S3-S4 | 10 x 30/30 à 100% VMA | 6 x 2 min à 90% VMA |
| S5-S6 | 12 x 30/30 à 100% VMA | 5 x 3 min à 95% VMA |
| S7-S8 | 14 x 30/30 ou 6 x 1 min à 105% VMA | 4 x 4 min à 95% VMA |
Deux séances de fractionné par semaine maximum – le reste du volume doit rester en endurance fondamentale. Le fractionné sans base aérobie solide, c’est construire sur du sable.
Comment augmenter sa VMA rapidement?
Augmenter sa VMA rapidement, c’est avant tout éviter les deux erreurs classiques : trop peu d’intensité (on fait du fractionné « confortable » qui ne stresse pas assez le système aérobie) et trop de volume trop tôt (on accumule la fatigue avant d’accumuler les adaptations).
Les leviers qui accélèrent réellement les gains :
- Respecter les intensités cibles – 90 à 105 % de VMA, pas 80 % parce que c’est plus agréable
- Maintenir la fréquence – deux séances de qualité par semaine valent mieux qu’une séance héroïque suivie de quatre jours de récupération
- Progresser par le volume avant l’intensité – augmentez le nombre de répétitions avant d’augmenter le pourcentage de VMA
- Dormir et manger correctement – les adaptations se construisent hors des séances, pas pendant
Ce qui différencie une progression rapide d’une progression durable, c’est la continuité. Trois mois réguliers sans blessure valent largement plus que six mois entrecoupés de pépins tendineux. L’intensité bien dosée est la clé – pas l’intensité maximale.
Comment améliorer sa VMA après 40 ans?

La VMA atteint son pic entre 20 et 25 ans, puis décline d’environ 1 % par an après 30 ans. Les performances se maintiennent bien jusqu’à 35 ans environ, puis reculent progressivement jusqu’à 70 ans, avant un déclin plus marqué.
Ce n’est pas une fatalité – c’est simplement le terrain sur lequel vous jouez.
La bonne nouvelle, elle est solide : des gains de 5 à 8 % de VMA ont été mesurés chez des coureurs masters de plus de 50 ans après 12 semaines d’entraînement fractionné adapté. Ce n’est pas marginal. C’est réel et reproductible.
La nuance est dans l’adaptation. Après 45 ans, le corps récupère moins vite des chocs mécaniques répétés.
Limitez les séances sur piste à une seule par semaine – la seconde séance de qualité se fait sur chemin souple, sur vélo ou en natation pour préserver les tendons et les articulations sans sacrifier le stimulus cardio-vasculaire.
L’endurance fondamentale prend encore plus d’importance avec l’âge : elle maintient le volume d’entraînement sans surcharger les structures.
Un coureur de 50 ans qui combine une séance de 30/30 par semaine avec deux à trois sorties longues en endurance peut non seulement freiner le déclin naturel, mais progresser au-delà de son niveau d’il y a cinq ans.
Gagner 2 km/h de VMA après 40 ans, ça prend plus d’un cycle. Ça peut prendre deux ans. Mais c’est dans ces deux ans que vous comprenez que la VMA n’est pas un chiffre – c’est ce que votre corps accepte de faire quand vous lui en donnez régulièrement la raison.